Mythes

Dans une société hautement soumise au conditionnement, les individus colportent parfois des idées reçues et transmises de génération en génération sans savoir au final d’où elles viennent, ce qu’elles signifient, voire qui ne sont plus d’actualité ou même qui ont été prouvées fausses. Mais les habitudes ont la peau dure et c’est pourquoi cette page sera destinée à déconstruire ceux en rapport avec notre cause. D’ailleurs, nombreux des sujets présentés ici sont extrait de pages institutionnelles ou professionnelles.


Mythe : Les victimes de violence conjugale sont des personnes naïves ou un peu « bêtes ».  
Réalité : Il n’existe pas de profil type des victimes. Même les personnes avec une très forte personnalité et beaucoup de caractère peuvent devenir victimes de violence conjugale. Dans une relation malsaine, le contrôle exercé par l’agresseur(se) grandit souvent à un point tel qu’il peut anéantir la confiance et l’estime de soi de sa victime, la rendant ainsi plus vulnérable dans sa relation de couple.
Exemple : Il nous est arrivé de gérer des docteurs, des dirigeants d’entreprise, des policiers, des pompiers, des militaires, des moniteurs de close-combat dans l’armée et même des commandos.
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Mythe  : Aider les victimes de violence conjugale ne sert à rien, puisqu’elles retournent toujours vers leur partenaire. 
Réalité : Aider les victimes de violence conjugale leur est toujours utile, même si elles retournent vers leur partenaire. Le fait de vivre le cycle de la violence conjugale à plusieurs reprises rend souvent les victimes indécises, ne sachant plus si elles doivent partir ou rester. Elles partent pour voir si elles peuvent survivre en dehors de cette relation et reviennent pour voir si la relation peut changer. Ce sont parfois justement ces allées et venues qui permettent à la victime de se sortir du cycle de la violence. Même s’il peut être difficile pour un proche de voir quelqu’un retourner vers son agresseur(se), la présence et l’aide apportées seront souvent utiles aux victimes à plus long terme.
Exemple : Cela peut consister à l’accompagner au commissariat, relire une plainte que la victime entend déposer, lui faire comprendre que votre porte est un refuge possible à toute heure de la journée ou de la nuit. Le jour où la victime réalise ce qui se passe et que le brouillard se lève, il saura que vous êtes une personne de confiance.
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Mythe : Les hommes victimes de violence aiment cela, sinon ils ne resteraient pas. 
Réalité : Les hommes restent auprès de leur partenaire pour des raisons variées et complexes. Ils peuvent prendre un certain temps avant de constater qu’ils vivent de la violence et ne pas pouvoir croire que ça leur arrive à eux. On néglige souvent que l’homme est conditionné depuis petit par la société à prendre des coups, des insultes, à accepter tacitement une forme de maltraitance comme « normal ». De fait, nombreux hommes, arrivés à l’âge adulte, ne se rendent absolument pas compte de la violence qu’ils subissent au quotidien. Ils la comprennent pour la femme mais transposez la même violence sur eux et ils perdent toute capacité de compréhension. Après, nombreux espèrent changer leur partenaire qu’ils aiment, croient aux promesses, se sentent coupables de briser le foyer, ont peur des menaces (de ne plus voir l’enfant, de plainte, de discrédit auprès de l’entourage), n’ont pas les ressources sociales ou économiques pour s’en sortir seuls, etc.
Exemple : Nombreux hommes que nous suivons ont tenté de trouver de l’aide auprès des instituions en vain avant de nous solliciter. Nombreux nous ont avoué avoir encaissé les coups physiques et surtout psychologiques, effrayés du matin au soir, car madame menaçait de s’en prendre au enfant, de leur empêcher de voir leur enfant, de les ruiner financièrement ou socialement via une pension alimentaire, une pension compensatoire de surcroit et une campagne de dénigrements. Certains ont fait l’objet de cabales où madame gagnait l’appui de l’entourage et des autorités sur de simples allégations. Certains ont perdu leurs papiers et leur autonomie d’actions. Certaines victimes pensaient maitriser la situation jusqu’au jour où le rideau est tombé d’un seul coup et se sont rendus compte de l’étendue des manigances que madame avait fomenter dans leur dos.
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Mythe  : La violence conjugale n’existe que dans les milieux défavorisés. 
Réalité : La violence conjugale n’a pas de territoire attitré. Elle peut se retrouver dans un foyer de personnes fortunées, dans les résidences de célébrités. La violence n’a ni couleur, ni religion, ni statut, ni éducation, ni origine, ni culture et pas plus d’aspect financier. Cependant, certaines études démontrent que certains groupes sont plus à risque.
Exemple : Nous avons été contacté par un réfugié politique étranger battu par un élu français, aussi bien que des dirigeants d’entreprise. Nous observons par contre que les gens d’origine étrangère sont souvent mal compris, mal reçus et font l’objet de dénigrement de surcroît.
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Mythe : Si une personne de mon entourage était violente, je le verrais, je le saurais.
Réalité : Les agresseuses(rs) se comportent généralement de manière différente selon qu’elles sont dans leur vie privée ou devant témoin. En privé, elles peuvent manipuler une personne, la menacer et lui faire subir une énorme pression; alors qu’en public, ils seront charmants, attentionnés envers leur victime, drôles et charismatiques. Ce type de personnalité adopté en public ne correspond pas à l’image mentale que la plupart des gens se font d’une agresseuse. Ainsi, même pour les proches d’une victime, il est souvent très difficile de démasquer les agresseuses.
Exemple : Dans certains cas, elles vont s’amuser en privé à dénigrer l’entourage de l’homme, jusqu’au point où lui-même peut se mettre à dénigrer son propre entourage. Pour se faire, il peut lui arriver de se poser en victime auprès de son partenaire afin que ce dernier cherche à la soutenir. Mais en même temps qu’elle dénigre l’entourage, elle peut secrètement se mettre à entretenir des échanges avec ceux-ci, prendre de leurs nouvelles, s’intéresser à eux afin de se positionner en compagne idéale. Et après quelques temps, quand elle s’est assurée de leur accroche, elle peut s’amuser à distiller subtilement des problèmes. C’est tellement fourbe et bien rôdé que même des professionnels formés à les identifier se font avoir.
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Mythe  : La violence conjugale est seulement une grosse dispute ou un conflit de couple. 
Réalité : Il existe une distinction importante entre la dispute, le conflit de couple et la violence conjugale. En effet, les disputes occasionnelles où le ton monte peuvent survenir entre des partenaires. Toutefois, si l’un des deux partenaires a l’impression que l’autre prend systématiquement l’ascendant, qu’il se sent isolé et qu’il craint les réactions de l’autre, il pourrait s’agir de violence conjugale. Une situation où il y a de manière répétée dans le temps des menaces, du chantage, des coups, des tentatives d’accès à vos comptes, de la dissimulation de vos papiers personnels, c’est de la violence conjugale.
Exemple : Nombreuses institutions (et cela s’observe particulièrement chez les acteurs sociaux) parleront de conflits conjugaux même quand il y a des violences avérées. Elles perpétueront une certaines formes de déni insoutenable soit par manque de preuve, soit par incapacité de reconnaitre qu’une femme puisse être violente, soit par dogme de la conciliation.
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Mythe : Les femmes sont faibles et fragiles, elles ne peuvent être violentes, ni même dangereuses.
Réalité : La société a cultivé depuis des lustres l’image de la femme physiquement inférieure à l’homme, pour justifier l’image de la femme faible et fragile. Si les statistiques médicales tendent à démontrer que la moyenne masculine a une plus grande masse musculaire que la moyenne féminine et que par ailleurs dans les compétitions physiques, les résultats masculins tendent à être meilleurs que les résultats féminins, ce n’est pas pour autant que ce soit une vérité absolue. Un homme peut être physiquement supérieur à sa compagne, et pour autant ne pas s’en servir. Et de la même manière, ce n’est pas parce qu’une femme est physiquement inférieure à son compagnon qu’elle est faible et fragile en soi. Elle peut même être nettement plus forte physiquement que bien des hommes. Il y a aussi l’incidence des drogues, des molécules et des hormones.
Exemple : Une personne, homme ou femme qui, par peur, stress, colère, rage, peine ou joie, sécrètera de l’adrénaline ne se rendra potentiellement pas compte que sa physiologie va momentanément changée et agir sur sa force physique et mentale. Les témoignages font parfois allusion à une femme ou un homme, qui dans une rage noire, a décuplé ses forces, où le regard était effrayant (limite à y voir les vaisseaux sanguins), où la carotide prenait des disproportions et où on pouvait limite sentir le pouls à l’œil nu, où les veines des bras ressortaient et où les muscles étaient limite tétanisés et où la victime ne pouvait plus lutter contre son agresseur. Dans de telles situations, l’alchimie qui se produit échappe à notre raisonnement de l’instant, et un agresseur dans un tel état peut vite prendre le dessus sur sa victime.
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Mythe : La majorité des hommes victimes de violences conjugales sont issus de couples homosexuels, donc victimes des hommes, et donc les femmes ne sont que des exceptions parmi les personnes violentes.
Réalité : Selon l’études VIRAGE de l’INED en 2017, 1 % des violences déclarées se produisent dans le cadre de relations homosexuelles, ce qui revient à dire que 99% des violences déclarées se produisant dans un contexte hétérosexuel. L’ONDRP a défini par ailleurs en 2017 que 264 000 personnes avaient déclaré être victime de violence conjugale (hommes et femmes confondus / homosexuels et hétérosexuels confondus). Si l’on applique ce pourcentage à ce chiffre, cela revient à dire que seul 3 000 personnes homosexuelles (H/F confondus) aient déclaré avoir été victime de violence conjugales, pour 261 000 en couples hétérosexuels. Selon toujours l’ONDRP, le nombre de femmes représente 72% du total soit 190 000 femmes et donc le nombre d’hommes représente 28% du total soit 74 000 hommes. La tendance homosexuel masculin/féminin s’oriente vers 66%/33% mais nous partirons du du postulat défavorable que 100% des 3 000 personnes homosexuelles aient été des hommes. Cela nous laisse tout de même avec 71 000 hommes hétérosexuels victimes de violences conjugales. 71 000 reste bien supérieur à 3 000. Et par ailleurs, l’INSEE tend à rappeler en 2018 que le nombre de nombre de couples homosexuels tourne toujours autour des 1% du nombre global de couples. Tant que les statistiques ne prendront pas le temps d’analyser ces aspects exhaustivement, nous pourrons toujours débattre des pourcentages et des chiffes d’une année à l’autre, et il y aura toujours la place à des incompréhensions. Mais les couples hétérosexuels restent à ce jour très largement majoritaires et il est résolument difficile de prétendre que les hommes victimes de violences conjugales soient uniquement ou même majoritairement violentés que par des hommes.
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Mythe : Un homme ne peut pas être violé par une femme.
Réalité : En France, la législation a revu son article de loi concernant le viol en 2018 et l’a même revue à nouveau en 2021 (cf. législation) afin de mieux définir la notion de viol. Donc oui, le viol de l’homme existe. Depuis 2018, cela inclut la pénétration aussi bien par un objet que par un sexe masculin (et cela vaut pour les couples homosexuels), ainsi que le fait de forcer une personne (homme ou femme) par quelque moyen que ce soit à procéder elle-même à une pénétration sur une autre personne (homme ou femme). Cela implique qu’une femme qui force un homme à la pénétrer vient de commettre un viol. Et depuis 2021, cela inclut le fait de forcer par quelque moyen que ce soit une personne (homme ou femme) à procéder à tout acte sexuel buccal (fellation, cunnilingus ou anulingus) sur une autre personne (homme ou femme).
Exemple : Mais encore, depuis 2014, des chercheurs américains se sont penchés sur le cas des hommes et se sont rendus comptes que les proportions d’hommes victimes de viol et de femmes ayant commis un viol étaient largement erronées dans leur pays. Nous pouvons, par analogie, nous poser la question du reste du monde.
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